Cavaillon histoire

cavaillon histoire

Vue générale au XVIIème siècle
Situé au confluent du Calavon et de la Durance, Cabellio était, avant le conquête, une des métropoles de la tribu des Cavares, du peuple Volque. Son importance stratégique, son implantation l’intersection de deux grandes voies de communication ainsi que la richesse de son terroir, lui valurent de devenir ensuite un important comptoir massaliote, puis une florissante cité gallo-romaine. De nombreux vestiges de ce lointain passé ont été découverts ?ß?† et l?†, particulièrement au sommet de l’oppidum du Mont-Caveau, aujourd’hui Colline Saint-Jacques.

De très bonne heure. Cavaillon devient le siège d’un évêché dont le premier titulaire connu semble être Genialis, évêque en 396. Après l’éclatement de l’empire de Charlemagne, les gouverneurs de la cité devinrent vicomtes héréditaires et jouèrent un certain rôle au XIIIème siècle, pendant la croisade des Albigeois. Le fiel était placé sous la suzeraineté du marquis de Provence qui, au XIIème siècle, était également le comte de Toulouse. Au début du XIVème siècle, Cavaillon passa sous mouvance du Saint-Siège et la juridiction seigneuriale fut partagée entre l’évêque et le chambre Apostolique.

Pendant les guerres de Religion, l’agglomération fut occupé par le baron des Adrets (1562) et les protestants incendièrent la cathédrale et le couvent des Dominicains.

l’Arc Romain

Cavaillon Arc romain

Le dessin ci-contre, extrait de l’album Laincel, nous offre une vue générale de Cavaillon au XVIIème. La ville était alors entourée de remparts et dominées par la cathédrale de Saint-Véran, ainsi que par un puissant donjon dont il ne reste aujourd’hui aucune trace.

La place du Clos et l’Arc Romain
La Place du Clos est la symbole par excellence de l’expansion spectaculaire que connaît la ville à la fin du XIXème siècle. Alors que la ville était, pour l’essentiel, restée depuis la fin du Moyen Age à l’intérieur de ses remparts, elle sort des murs. Le transfert d’un arc romain, datant des premières années de l’ère chrétienne, va solenniser à la fin du XIXème siècle l’espace renouvellement créé pour le marché aux primeurs, devenu quotidien. Ainsi déplacé l’arc s’éloigne de sa définition initiale sacralisant une position forte au coeur de la ville mais reçoit ainsi une nouvelle légitimité.

Cavaillon cathédrale

La Cathédrale et le cloître
La construction d’un ensemble aussi complexe est le fruit de multiples campagnes de travaux. Les étapes que l’on peut reconstituer remontent pour les plus anciennes au Xlème et XlIème siècle, même si l’existence d’un évêché est attestée dès la fin du IVème après JC. Au volume de la nef et de l’abside s’ajoute au XIIIème siècle le clocher octogonal, en 1946 le campanile. A la fin du XlVème et au début du XVème siècle des chapelles sont logées entre les contreforts latéraux.

Certaines d’entre elles, situées au sud, sont encore agrandies aux XVIlème et XVIllème siècles. Un cadran solaire, datant de 1764, y est placé. c’est une représentation du Temps, sous les traits d’un vieillard qui dit « Prie, afin de ne pas être surpris à l’heure».. de ta mort.
Entre les deux églises un cloître s’est peu à peu constitué, voûté dans le courant du Xlvème siècle, parachevé au XVIème. Cet espace de quiétude et de charme ouvre l’accès à l’intérieur de l’édifice. Un volume ample, assez sombre, riche de ce que chaque siècle a contribué à y laisser, se laisse découvrir.

Dans le choeur des stalles en bois peint polychrome datent de 1585, un ensemble,retable et peintures dont certaines dues à Nicolas Mignard, est réalisé dans les années 16401650, époque ou est aménagé là un buffet d’orgue. Les chapelles Saint-Véran et du Sacré Choeur, entreprises peu après, sont de qualité comparable. Unifiée par un badigeon néo-roman appliqué au XIXème siècle, la cathédrale témoigne d’une histoire fort riche, que confirme sa restauration en cours.

De la Grand’Rue vers la Porte d’Avignon

Cavailllon porte d’orange

De la Grand’Rue vers la Porte d’Avignon, le maillage régulier des voies est l’image, transmise au fil du temps, d’un parcellaire antique. A mi-parcours, la façade imposante du Grand Couvent marque un rythme fort. Reconstruit en 1684, il devait affirmer par Fampleur de son élévation la puissance d’une ?âglise et d’un ordre, les Bénédictines, alors triomphants.
La Grand’Rue s’achève au nord sur la perspective de la Porte d’Avignon. Dans un traitement datant de 1740, c’est le seul témoin encore en élévation des remparts qui ceinturaient la ville.

Le Musée de l’hôtel Dieu
Le corps d’entrée et la chapelle (1755) de l’Hôtel Dieu sont acquis dans les années 1910 par une famille cavaillonnaise animée d’un double souci : conserver au patrimoine de la ville un monument de qualité , y créer là – après la première tentative de l’ermitage sur la colline Saint- Jacques en 1904 – un musée. Patrimoine et musée mêlés, nos fondateurs Michel (1852 – 1924), Auguste (1854 – 1936) et Marie-Thérèze (1866 – 1938) ont tracé la voie.

L’hôtel-Dieu est ainsi aujourd’hui un lieu riche d’expressions multiples. Des tableaux, des objets de l’ancienne phannacie – un mortier, des pots à onguent en faience et en verre, des reliquaires – évoquent sa destination d’origine.

Musée d’archéologie, il témoigne de la vie quotidienne dans les grottes du Luberon et du mode d’occupation du site actuel de Cavaillon à l’époque gallo-grecque puis gallo-romaine. L’Hôtel- Dieu accueille également la création et la diffusion en continu d’expositions temporaires originales. Celles-ci, partant toujours d’un trait spécifique de l’identité de ce pays, l’interrogent, le replacent dans une perspective à la fois historique et sensible, dans une démarche o?? un artiste, une approche contemporaine sont toujours conviés.

La production d’un documentaire de création qui accompagne chacune de nos manifestations crée ici aussi un pôle permanent d’animation autour de films a accessibles sur grand écran en vidéo projection.

La Synagogue et le Musée Juif Comtadin dans la Carrière
Au coeur du centre ancien, une synagogue du XVIllème siècle, édifice d’une très grande originalité remarquablement conservé et récemment restauré, est encore inscrit dans son contexte d’origine, le ghetto qu 5on appelle la Carrière, du terme provençal qui signifie la rue. De la Synagogue médiévale, il subsiste au nord une tourelle. Ce vestige délibéré est probablement la survivance de l’escalier d’une synagogue dont on peut Imaginer les proportions grâce aux superbes portes en bois polychrome du tabernacle, conservées au Musée Juif Comtadin.
Reconstruite en partie au-dessus de la rue Hébraïque entre 1772 et 1774, la synagogue est conçue en deux volumes superposés, reliés par un escalier extérieur.

La formule architecturale des synagogues du Comtat, seulement conservée à Cavaillon et Carpentras, est unique au monde. La lecture de la Torah, fondement de la croyance, se fait sur une tribune face au tabernacle où les plus éminents membres masculins, dont l’officiant, sont regroupés. Autre trait spécifique, le rôle insigne accordé au prophète Elie, représenté sous la forme d’un fauteuil, traité sur un mode symbolique, juché sur un nuage. Le vocabulaire décoratif est inspiré de celui de la Provence d’alors, traduit par des lambris de bois peint, gris rehaussé de bleu et jaune et des murs enduits et colorés, en rose soutenu.

De la feuille d’or vient souligner les pôles majeurs de la liturgie : tribune et tabernacle. Deux chandeliers à sept branches se détachent du garde-corps en ferronnerie. Les lustres sont remployés du précédent édifice. Dédicacés, ils témoignent souvent d’un acte de piété. La salle haute ne peut se dissocier de la synagogue basse, réservée aux femmes, servant également de boulangerie comme l’attestent encore la table à pétrir en marbre et le four à pain azyme. C’est là que sont présentées actuellement les collections, issues soit ¬´ du cimetière des livres ¬ª, découvert dans les années 1930, soit, lors de la création du musée en 1963, de stèles funéraires et de dons de descendants de Juif du Pape. C’est d’ailleurs le siège de leur association culturelle. Préfiguration d’un véritable parcours au coeur de l’ancienne carrière, les bains rituels sont visibles actuellement lors des Journées Portes Ouvertes du Patrimoine à la mi-septembre.

Le melon de cavaillon

Le melon de Cavaillon
Originaire d’Afrique, le melon était connu des Grecs et des Romains. Galien, Pline ou Columelle en vantent les mérites.
Le melon apparaît dans les textes dès 1495 : un règlement donné par les deux coseigneurs de la ville. Clément de la Rovère (vice-légat du pape) et Toussaint de Villeneuve (évêque de Cavaillon) précise que « Tout habitant, à l’exception des infirmes et des femmes enceintes, trouvé dans le bien d’autrui à cueillir des raisins, amandes, noix, pêches, figues, pommes, poires, melons, clives et autres fruits, paiera pour chaque fruit 1 deniers.»

Production raffinée, on le retrouve tout au long des XVIème , XVIlème, XVIIIème siècles comme présent offert aux grands personnages de passage dans la ville : au Duc de Guise, en 1620 on offre “fruits, melons, artichaux, vin et flacons”. Idem lors de la venue de Monseigneur d’Oppède, Premier Président du Parlement de Provence, qui reçoit son lot d’artichauts, de pêches et de melons.

C’est dans la seconde moitié du XIXème siècle que s’inscrit l’âge d’or du melon, quand l’essor de la production maraîchère et l’émergence de la ville comme place commerciale auront tôt fait de s’associer en une image bientôt consacrée : «le melon de Cavaillon».