Bouches du Rhône

Région : Provence-Alpes-Côte-d’Azur – Superficie : 5 248 km2

Point culminant : Le pic de Bertagne (1 041 m.)

Chef-lieu : Marseille. 4 arrondissements. 47 cantons. 119 communes.

Population : 1 759 371 hab. (recensement 1990)

Histoire
Créé en 1790 (avec à l’époque Aix pour chef-lieu) le département des Bouches-du-Rhône ne compte guère que 119 communes, mais sa riche histoire et le rayonnement de ses villes, Marseille tout particulièrement (2ème ville de France) et Aix, en ont fait un carrefour de civilisations, le centre de la Provence et l’un des éléments les plus dynamiques de l’actuelle Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Dès l’an 600 av. J.-C., les Grecs, en fondant Massillia puis ses colonies semblent donner à cette province, occupée depuis le 1er millénaire, une vocation historique d’ouverture sur le monde méditerranéen. Intégré au sein de la « Provincia Romana » dès la fin du 2ème siècle, le pays, qui voit passer les Teutons défaits par Manus à Pourrières (près d’Aix) en 102 av. J.-C., se développe au gré de la civilisation gallo-romaine. De nombreux et beaux vestiges en témoignent comme à Arles (arènes, nécropole des Alyscamps utilisée jusqu’à la fin du Moyen Age) ou Saint-Rémy-de-Provence (Glanum).

Haut-lieu du monachisme (Saint-Victor à Marseille), la région, qui subit les invasions successives des Barbares aux 5ème et 6ème siècles, est surtout marquée ensuite par les divisions des princes carolingiens qui l’entraînent à faire partie du « royaume d’Arles », dépendance des empereurs germaniques réunie à la Bourgogne (933): Guillaume-le-Libérateur, qui libère la Provence des Sarrasins en prenant le titre de marquis de Provence regroupe alors la féodalité provinciale des seigneurs (Châteaurenard, Fos, Baux guerres « baussenques » 1142-1165) jusqu’aux comtes ou vicomtes locaux (Marseille). En 1125, toutefois, c’est à nouveau la division entre comtat Venaissin, comté de Provence et comté de Forcalquier.

L’actuel département des Bouches-du-Rhône confond alors son histoire avec celle de la Provence et de ses comtés. En 1246, Béatrice, fille du comte de Provence Raimond Bérenger V (1216-1246) épouse Charles d’Anjou, frère de Saint-Louis, lui apportant la Provence en dot. C’est alors la 1ère maison d’Anjou, Jeanne d’Anjou toutefois, étant morte sans enfants (1382), la succession passe à Louis Ier, frère de Charles V, et la Provence relève de cette 2ème Maison d’Anjou jusqu’à sa cession par le roi René à son neveu Charles du Maine, en 1480. La mort de ce dernier, en 1481, réalise enfin l’union de la Provence à la France. La paix alterne alors avec les périodes de troubles et d’invasion : ainsi, en 1524, les troupes du connétable de Bourbon mettent le siège devant Marseille; en 1536, celles de Charles Quint envahissent la Provence. Encore agitée aux 17ème et 18ème siècles (peste de 1720), l’histoire de la région est surtout marquée par la rivalité administrative et politique entre Marseille et Aix; siège du gouvernement, d’un Parlement, d’une Chambre des Comptes, d’une Université (depuis 1409) et lieu de réunion des Etats de Provence

La Révolution qui voit naître le chant de Rouget-de-l’Isle popularisé par les Marseillais ralentit dans un premier temps l’économie du pays (blocus continental), mais les conquêtes coloniales, l’installation du chemin de fer et l’ouverture du canal de Suez lui rendirent son dynamisme. Agricole dans l’arrière-pays, le département des Bouches-du-Rhône développe dès le 19ème siècle son industrie, ainsi à Marseille (huileries, savonnerie, port) et, au 20ème siècle, sur la côte (complexe de l’étang de Berre, raffinerie de Fos) montrant ainsi un double visage à la fois antique et moderne, paysan et marin, provençal et cosmopolite. Marseille, à la population expansive (rapatriés d’Afrique-du-Nord, émigrés) y fait figure de métropole régionale et de capitale industrielle, politique et culturelle.